La patinoire, si populaire chez les jeunes Marseillais

C’est le nouveau lieu de rencontre sportif ! La patinoire s’impose comme une référence chez les jeunes Phocéens. Pour s’amuser entre amis ou faire des étincelles en patinage artistique et hockey.

Par Lisa Scornet, lycéenne à l’Institution Sainte-Trinité

Abritant la plus grande patinoire sportive de France, le Palais Omnisports situé à la Capelette dans le 10ème arrondissement de Marseille accueille des centaines de personnes par jour lors des séances publiques. Beaucoup viennent s’amuser et passer un bon moment entre amis. D’autres sont là pour s’entraîner et certains n’ont qu’un rêve, rejoindre l’équipe locale de hockey des Spartiates.

Une patinoire géante depuis 2009

Arrivé en France en 1891, le hockey sur glace a directement su conquérir les cœurs
des aristocrates de Versailles. Seulement trois ans plus tard, la glace artificielle débarque avec la construction de deux patinoires dans Paris. Ce qui amène naturellement un Hockey Club et un club des Patineurs.

Des patinoires ont essaimé dans la France entière au fil du XXe siècle et surtout après le succès des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble en 1968. Après sa patinoire démontable née en 1969, Marseille a ainsi vu s’ériger entre 2007 et 2009 un majestueux palais de la glisse et de la glace, qui abrite en réalité deux patinoires, une olympique (1 800m2) et une de taille ronde, ludique (1 250m2), reliées par un tunnel. Les tribunes peuvent accueillir plus de 6 000 spectateurs. Sans oublier un skate-park indoor à l’étage.

Esprit d’équipe et entraide

Hockey, patinage artistique, freestyle sont devenus très populaires, surtout chez les
jeunes adultes et adolescents ces dernières années. Des sports dynamiques qui offrent une expérience de jeu rapide et excitante. En plus de la concentration et de la coordination que cela demande, cette pratique peut représenter de véritables défis physiques et mentaux pour les professionnels.

Après avoir demandé à plusieurs personnes sur la glace ce qu’elles pensaient de
chacun de ces sports, j’ai pu dégager une certaine idée générale : le hockey prône l’esprit d’équipe, le patinage artistique est une preuve d’entraide, et le freestyle rapproche les amateurs et les connaisseurs.

Le plaisir et l’exigence

Les sports de glace restent très accessibles. La patinoire du Palais Omnisports est
ouverte toute l’année, de quoi s’amuser et s’exercer en toute saison. L’équipement – dont les patins – peut vous y être prêté. Dans le cas où vous souhaitez avoir quelque chose de personnel, les patins peuvent commencer avec une gamme très peu chère pour un but récréatif (30 à 40€).

Mais ne vous y trompez pas, ces sports restent très physiques. A haut niveau, cela
demande un énorme contrôle dans chaque partie du corps, une posture droite, un mental
d’acier et un entraînement sportif à côté. A un niveau plus commun, c’est juste un excellent moyen pour garder la forme et préserver une certaine silhouette.

Un lieu de convivialité

En bref, les sports de glace offrent une expérience aussi inoubliable que les relations
qu’ils créent. Beaucoup ont affirmé s’être connus à la patinoire par des clubs, des cours ou par des amis d’amis lors des séances publiques. De quoi s’amuser tout en faisant du sport !

Lisa Scornet

Palais Omnisports Marseille Grand-Est, 12 boulevard Bonnefoy, 13010 Marseille. Renseignements : palaisomnisports-marseille.com

Entre 10 et 15 ans, les enfants sportifs fabriquent leurs vieux os !

Une pratique soutenue dès l’enfance de sports comme le saut ou la course à pied garantirait un capital osseux renforcé durant toute la vie. L’apparition de l’ostéoporose tant redoutée après 60 ans serait retardée de 13 ans Voilà qui vaut le coup de s’y mettre !

Pour faire de vieux os, il est conseillé de pratiquer une activité physique intensive notamment avant et juste après la puberté. Tel est le résultat des recherches conduites par le laboratoire Inserm U1059 basé à Saint-Etienne. Sa directrice, le docteur Laurence Vico, en est convaincue : une pratique sportive soutenue dans l’enfance renforce le capital osseux, et cela pour la vie entière.

On connaissait déjà l’importance du développement, entre 6 et 17 ans, des capacités cardiovasculaires et cardiorespiratoires. Elles vont impacter notre – bonne ou moins bonne santé – toute la vie. D’ailleurs la sédentarité galopante depuis quelques années a fait chuter d’au moins 25% la capacité cardiovasculaire des jeunes de 2020 par rapport à ceux de 1980. Un recul phénoménal.

Tous les indicateurs dans le rouge

Malheureusement, tous les indicateurs vont dans le même sens. Les capacités physiques des enfants ont baissé au fil des dernières décennies, notamment en raison d’une activité physique et sportive moindre.

L’étude pilotée par le professeur François Carré (CHU de Rennes) pour le collectif « Pour une France en forme » auprès de 9000 collégiens français, et rendue publique lundi 6 février 2023, brosse un tableau alarmant des capacités physiques des petits Français (voir notre article précédent : « Nouvelle étude renversante sur la santé de nos enfants. ») : « Une étude montre que les enfants en surpoids, entre 4 et 12 ans, vont tous avoir un accident cardiovasculaire avant 40 ans. Nos collégiens sont diabétiques, ils ont une pression artérielle et un taux de cholestérol plus élevés qu’en 1987 (date d’une première enquête) ». Chez les enfants de 2 à 7 ans, 34% sont en surpoids et 18% obèses. Chez les 8-17 ans, 21% sont en surpoids et 6% obèses.

« On est face à un tsunami »

« On est en face d’un tsunami d’inactivité physique et de sédentarité, prévient le médecin. Personne ne bouge parce qu’on ne sait pas que c’est dangereux. » Il est pourtant facile d’inverser cette courbe quand les enfants et adolescents sont encouragés à pratiquer de l’activité physique. Ils regagnent rapidement des capacités cardiovasculaires, respiratoires et musculaires.

Le constat vaut également pour les os. Or on sait que l’ostéoporose est un fléau à partir de 60 ans, qui touche prioritairement les femmes (2 à 3 fois plus que les hommes); elles seraient 3 millions à en souffrir en France. Cette fragilisation des os aboutit souvent à des fractures, des douleurs, un tassement du corps.

Ostéoporose retardée de 13 ans !

Mais ce qu’on sait moins, c’est que l’activité physique soutenue dans l’enfance permettrait un gain très significatif. « Les études biomécaniques vont toutes dans le même sens, souligne le Dr Vico : l’exercice physique intense en période péripubertaire apporte des bénéfices durables vis-à-vis des paramètres géométriques de l’os. Un capital osseux incrémenté de 10% à ces âges retarderait le début de l’ostéoporose de 13 ans. » Cette communication, faite au sein du Groupe de recherche sur les ostéoporoses fin janvier à Paris, est rapportée par l’excellent site professionnel Medscape.

Sports de saut, course à pied et rando plébiscités

Les sports jugés les plus bénéfiques dans cette acquisition du capital osseux sont l’haltérophilie, les sports de saut, la course à pied et la randonnée. En exerçant une charge sur l’appareil locomoteur entier, ils stimulent la formation de masse osseuse. On pensait que le cyclisme et la natation étaient moins propices en ce domaine, même s’ils ont d’autres qualités essentielles. Eh bien ce n’est pas totalement vrai ! Ainsi les dernières données scientifiques estiment qu’une augmentation de la masse osseuse pourrait aussi survenir chez les nageurs, au niveau des membres supérieurs. Idem chez les joueurs de tennis.

Le sport à l’âge adulte perpétue ce patrimoine

La pratique du sport durant la vie adulte permet en outre de conserver une densité minérale osseuse plus élevée par la suite. Elle aiderait à prévenir la perte osseuse due au vieillissement. Bref, les gains acquis par le sportif tout au long de sa vie se maintiennent et s’avèrent très intéressants, particulièrement chez la femme après la ménopause. L’un des objectifs est évidemment de réduire le risque de fracture.

Faut-il encore des preuves que le sport rend les enfants non seulement épanouis, mais est aussi à l’origine de leur capital santé adulte ?

Philippe Schmit

Nouvelle étude renversante sur la santé de nos enfants

3 enfants sur 5 qui entrent en 6e ne savent pas enchaîner quatre sauts à cloche-pied. Une nouvelle étude conduite sur 9 000 petits Français révèle des capacités physiques en net recul.

L’alarme n’en finit pas de retentir dans les écoles françaises. Depuis 50 ans, le capital santé des jeunes fond comme neige au soleil.

On savait déjà qu’en 40 ans, les enfants avaient perdu 25% de leur capacité cardiovasculaire. En 1980, quand il voulait voir un copain, aller à son entrainement de basket ou se rendre à l’école, le minot avait, au choix, ses pieds ou son vélo. Aujourd’hui papa-maman le conduit en voiture, et en ville c’est le métro, le tramway sinon la trottinette électrique qui sont plébiscités (quand ce n’est pas Uber).

En 2023, marcher 20 ou 30 minutes pour rejoindre son lycée est devenu quasi inenvisageable. A l’époque moyenâgeuse de Packman, jouer consistait à taper dans un ballon dans la rue ou au square. En 2023, jouer c’est souvent s’enfermer devant un ou deux écrans dans son plumard.

Les enfants courent moins vite qu’en 1987

Que nous apprend cette nouvelle enquête financée par le ministère des Sports et l’assureur Matmut, qui a évalué le niveau de 9 000 élèves de 6e âgés de 10 à 12 ans ? Elle a analysé dans trois régions françaises et à travers de simples exercices les capacités respiratoires, cardiovasculaires et musculo-squelettiques.

Le journal Le Parisien, qui a dévoilé l’étude, rapporte d’abord que le test a dû être adapté et démarrer à 6 km/h (au lieu de 8) « car on présageait que le niveau de certains enfants ne pourrait pas répondre au premier palier« , précise le professeur François Carré, physiologiste cardiovasculaire et cardiologue du sport au CHU de Rennes. Les enfants ont couru à une vitesse maximale moyenne de 10,2 km/h, un chiffre en recul de 1 km/h pour les garçons et 0,6 km/h pour les filles depuis 1987.

Plusieurs enseignants interrogés par nos soins dans des écoles à Marseille confirment une baisse des capacités physiques. Elle se traduit même chez certains par un manque de coordination de gestes élémentaires, comme attraper un ballon.

Les enfants en surpoids vont tous avoir un accident cardiovasculaire

« Les chiffres sont très mauvais, souligne le professeur Carré auprès du Parisien, car au minimum la capacité physique devrait rester stable » (entre 1987 et 2023). La sentence qui suit est terrible : « Aujourd’hui, un sujet de 65 ans qui est actif, sans être sportif, ferait mieux que les jeunes. » Et le médecin enfonce le clou : « Une étude montre que les enfants en surpoids, entre 4 et 12 ans, vont tous avoir un accident cardiovasculaire avant 40 ans. Nos collégiens sont diabétiques, ils ont une pression artérielle et un taux de cholestérol plus élevés qu’en 1987.« 

Vice-président de M24, le docteur Hervé Collado, médecin du sport à Marseille (il est référent en traumatologie du sport pour l’APHM et médecin-chef de la clinique Saint-Martin Sport), a pour sa part cette formule saisissante : « On est sans doute face à la première génération, nos enfants donc, qui vivra moins longtemps que celle de ses parents. »

Entre 2 et 7 ans, un enfant sur 2 est trop gros

En cause, la flambée du surpoids et de l’obésité chez les jeunes gens. Selon l’enquête Obépi de 2020, chez les enfants de 2 à 7 ans, 34% sont en surpoids et 18% obèses. Chez les 8-17 ans, 21% sont en surpoids et 6% obèses, dont une majorité de garçons. L’espérance de vie d’une personne obèse est réduite de dix ans.

Déjà en 2020, 49% des jeunes de 11 à 17 ans en France présentaient un « risque sanitaire très élevé » selon l’ANSES, en passant plus de 4h30 par jour devant les écrans et/ou en pratiquant moins de 20 minutes d’activité physique. Et c’était avant le Covid et ses effets catastrophiques en matière de pratique sportive.

On peut rapidement inverser la tendance

Toutefois, l’étude dévoilée ce lundi 6 février livre quelques raisons d’espérer. Une partie des 9 000 collégiens testés a été soumise à un entraînement fractionné individualisé, avec deux séances par semaine de 15 minutes, pendant un mois et demi. Et les résultats sont très encourageants. « Quand on suit l’entraînement spécifique qui est proposé, on a une augmentation de 235% de la capacité physique« , note le Pr Carré.

Il est plus que temps de se réveiller. Car tous les indicateurs vont dans le même sens : que l’on soit enfant ou adulte, jeune ou même très âgé, il n’y a pas mieux que l’activité physique pour vivre mieux. La preuve : elle réduit de 58% le risque de diabète, de 30% les risques de dépression et de 25% ceux de cancer du sein et d’accident vasculaire cérébral (chiffres : Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité, en 2019).