M24 a transformé l’Orange Vélodrome en salle de classe !

Incroyable journée pour 220 lycéens marseillais et toulousains qui ont investi le temple du football et échangé avec des sportifs de haut niveau.

Qu’on aime le foot ou pas, il faut bien reconnaître au stade phocéen une qualité majeure : il fédère toute une ville et même bien au-delà. On en a eu une nouvelle preuve en ce lundi 17 mars 2025 avec la réunion de 220 lycéens issus de 7 établissements marseillais et 1 toulousain, puisque M24 a fait des petits jusque dans la Ville Rose !

Photos Leonore Pellegrin, Treizième Homme (sauf mention contraire)

Ces élèves de la seconde à la terminale ont participé à la Grande Conférence organisée pour la deuxième année par notre association et Treizième Homme (la fondation de l’OM) sur le thème : « Comment le sport nous rend plus forts ! » Une sorte de master class animée par l’auteur de ces lignes, le coordinateur de M24 Philippe Schmit, dans un salon de l’Orange Vélodrome où il ne restait plus une chaise de libre (la vérité : on aurait disposé de 1 000 places, on les aurait remplies !). Regardez donc cette vidéo pétillante réalisée par Killian Blisson !

Les lycéens et leurs professeurs ont écouté et dialogué avec trois sportifs de haut niveau aux profils très particuliers : Alexis Sanchez, 25 ans, champion de France de para aviron licencié au club phocéen de L’Avi Sourire, Jérôme Raffetto, 45 ans, capitaine de l’équipe OM de foot pour amputés, et Roxane Couasnon, 26 ans, défenseure latérale de l’équipe féminine de l’OM qui évolue en Ligue 2.

La Dr Solène Gallas, médecin du sport à l’Institut du Mouvement et de l’Appareil Locomoteur installé à l’hôpital Sainte Marguerite, et Vincent Parisot, spécialiste de l’usage des écrans et directeur régional de la communication d’Orange, complétaient le plateau.

Ce fut l’occasion pour nos lycéens d’interroger les athlètes sur leur rythme de vie, leur hygiène de vie, leurs perspectives sportives et professionnelles, l’inégalité salariale hommes-femmes dans le foot, et bien sûr comment le sport leur permet de surpasser.

Jérôme Raffetto. Photo Treizième Homme

Alexis et Jérôme ont un destin commun. Tous deux ont été amputés au-dessus du genou à la suite d’un accident de la route. C’était en 2005 pour Jérôme, alors joueur de football professionnel, lorsqu’une voiture l’a percuté sur le parking pendant qu’il sortait son sac du coffre de son véhicule. Il s’est retrouvé coincé entre les deux pare-chocs. Jambe gauche écrasée, la droite sauvée de justesse mais encore très abîmée. Alexis a perdu le contrôle de son deux-roues sur une autoroute en août 2019. C’est un témoin qui lui a sauvé la vie en lui faisant un garrot. Les médecins ont dû l’amputer des deux jambes.

Tous deux se sont relevés au terme d’une lutte physique et mentale exceptionnelle. Alexis a expliqué que sa décision de se lancer dans ce défi sportif avait été prise dès son lit d’hôpital. « Mon père m’a montré des vidéos avec des gens qui avaient perdu leurs jambes et qui pratiquaient à un haut niveau.« 

Le rameur déjà multi médaillé a expliqué aux ados, impressionnés et subitement très silencieux, que l’adversité rencontrée lors de cette épreuve l’avait contraint à se forger un mental d’acier.

C’est lors de la rééducation qu’il a découvert l’aviron. « Avant, je faisais du sport, comme tout le monde, pas mal de foot, mais sans plus. » Après avoir hérité de ses deux prothèses qu’il a fallu adapter aux moignons, Alexis s’est fixé un objectif : aller faire les JO de Paris 2024 ! Impossible pour le commun des mortels… pas pour lui !

En parallèle de ses études d’ingénieur, il s’est entraîné nuit et jour les yeux rivés sur cet horizon. Il est allé arracher les qualifications, a intégré l’équipe de France et… il a terminé 5e de la finale des Jeux Olympiques et Paralympiques en août dernier devant les caméras du monde entier !

Photo L'Avi Sourire

Alexis sacré champion de France… de ski !

Alexis vise les JO 2028 aux Etats-Unis bien sûr, mais pas que. Il a ainsi expliqué aux lycéens s’être fixé un nouveau défi : participer aux Jeux Olympiques d’hiver 2030 en France, dans notre région notamment, en concourant en ski de fond-fauteuil ! Irréaliste ? Eh bien la veille de cette conférence, dimanche dernier donc, Alexis est allé remporter le titre de champion de France en Haute-Savoie ! Rien que ça ! Il s’était entraîné discrètement tout l’hiver dans ce but.

Jérôme a lui aussi un emploi du temps très chargé. Il était rentré la veille de deux matchs en championnat disputés à Annecy, soldés par une victoire 4-2 face à Annecy et une défaite 0-1 contre les Parisiens.

Roxane la footballeuse a confié à son tour combien la pratique intensive est exigeante pour le corps et l’esprit. Elle s’entraîne 5 jours par semaine – ça tombait bien pour nous, lundi étant son jour de repos ! – et joue le dimanche. Son avenir, elle le voit d’ici 4 ans dans l’armée française « car ce sont des valeurs qui me plaisent » a-t-elle confié aux lycéens.

Mais d’ici là, elle espère bien aider l’OM à se hisser en Ligue 1 dès le mois de mai pour aller affronter le PSG et l’Olympique Lyonnais la saison prochaine. « On a un point de retard sur le 2e mais un match en retard. » Il reste 4 matchs à domicile et grâce à Treizième Homme, 50 filles élèves d’établissements adhérant à M24 seront conviées à chacun d’entre eux à l’OM Campus, et déjà ce dimanche 23 mars face à Nice.

Faut-il prendre des protéines ?

La médecin a rappelé que la grande majorité des adolescents n’effectue pas les 60 minutes quotidiennes d’activité physique recommandées et que la vague de surpoids qui déferle sur l’Europe, à cause de la malbouffe et de la sédentarité, a des conséquences très importantes sur leur développement. Plusieurs questions émanant de garçons pratiquant la musculation ont porté sur la prise de compléments alimentaires et notamment de protéines.

La Dr Gallas s’est montrée assez nette dans ses réponses : vous avez déjà tout ce qui est nécessaire dans une alimentation variée. Elle conseille cependant aux jeunes de consulter un médecin du sport s’ils ont une pratique soutenue afin d’évaluer leur besoins et de discuter de leurs habitudes, pour éviter carences et blessures.

Dr Solène Gallas

Le spécialiste des écrans Vincent Parisot a ensuite détaillé leur impact sur l’isolement social quand l’usage des smartphones et tablettes devient excessif. D’ailleurs les athlètes ont tous reconnu se tenir loin de leur téléphone et fréquenter assez peu les réseaux sociaux afin de rester concentrés sur leur activité physique et leur sommeil, tellement essentiel à l’équilibre.

La coupe aux grandes oreilles

Avant cette magnifique conférence, les 30 lycéens partis de Toulouse à 5h30 avaient eu le bonheur de visiter le stade et ses coulisses, vestiaires compris. Sans oublier le passage devant la coupe aux grandes oreilles, le trophée de la Ligue des Champions remporté en 1993 grâce à la tête de Basile Boli. « Un incroyable bonheur que cette visite ! » rapporte avec émotion le chef d’établissement du Sud-Ouest, Joël Lepetit.

Ils ont quitté le stade à 18h, après un passage par la Boutique de l’OM, des étoiles plein les yeux… et 5 heures de bus à se goinfrer encore, quand même !

Sur les traces de Rabiot, Rongier et Balerdi

Les partenaires de M24 et nos sportifs sur la pelouse de l'Orange Vélodrome en ce lundi 17 mars 2025 (Photo Chloé Garabedian).

Les partenaires de M24 conviés eux aussi pour l’occasion – chefs d’établissement, professeurs d’EPS référents, soutiens comme la Fondation du Crédit Agricole Alpes Provence avec Nassy Guetrani et Fabien Bruno, Sodexo avec Pierre-Thomas Jean, Aplim-Ecole Directe avec Erwan Lamour, la Région Sud avec Hervé Liberman ou encore Riso Imprimerie et l’Hôpital Saint-Joseph représenté par sa directrice générale Sophie Dostert… – ont également reçu un joli petit cadeau : ils sont entrés sur la pelouse de l’Orange Vélodrome en passant par le tunnel des joueurs ! Comme Rabiot, Balerdi, Bennacer, Rongier et Hojberg ! Impression boeuf que cette arrivée magistrale dans la cathédrale du ballon rond !

Lionel Amatte, inspecteur d’académie représentant le recteur Benoit Delaunay retenu à Paris, a rappelé la maxime « Un esprit sain dans un corps sain », estimant qu’elle collait bien avec la démarche de M24. « Le rôle de l’école, c’est soutenir la pratique physique et sportive, c’est ça le rôle de l’association M24. »

La présidente de M24 Muriel Pruvot pouvait savourer la réussite de cette initiative fruit du partenariat avec Treizième Homme. Elle a permis à 220 lycéens de partager une fantastique leçon d’humanité et d’espoir : oui, le sport nous rend vraiment plus forts !

Les lycées participants : Edmond Rostand (8e arrondissement), L’Olivier (12e), Notre-Dame de la Viste (15e), Mélizan (11e), Ecole de Provence (8e), ORT-Bramson (10e), Saint-Charles Camas (5e), Les Maristes de Toulouse.

Photos Léonore Pellegrin et DR

La saison « fantastolympique » de M24 !

5 tournois avec 2 500 élèves, des conférences, des vidéos santé, des matchs de hockey, de foot et de water-polo en pagaille… La saison 2 de M24 Sport Santé a fait un tabac. Découvrez le résumé en images. La saison 3 se prépare ardemment !

Saison 2. Puissance 10. Notre association vient de clôturer sa deuxième année d’activité en fanfare avec un carton plein d’activités. On avait imaginé une année fantastique pour l’année olympique. Personne n’a été déçu ! M24 Sport Santé a d’ailleurs décroché le label officiel « Impact 2024 » qui valorise le rôle social du sport.

Voici quelques chiffres qui attestent de cette réussite : d’octobre 2023 à juin 2024, cinq tournois ont réuni 2 500 élèves comme vous pouvez le voir dans la vidéo; les conférences ont rassemblé 1 000 collégiens et nos partenaires sportifs (Olympique de Marseille, Cercle des Nageurs ou Spartiates) ont accueilli 5 000 membres de M24 (élèves, parents et enseignants) tout au long de l’année scolaire pour assister à des rencontres sportives de hockey sur glace, water-polo et football féminin.

Tournoi de flag rugby le 12 octobre 2023

Grâce au parrainage de l’OM, nous avons pu en février dernier recevoir 250 collégiens pour une conférence sur les bienfaits du sport au coeur du stade Vélodrome et organiser un tournoi de foot pour 200 filles à l’OM Campus le 24 juin. Des expériences inoubliables.

Tournoi de foot des collégiennes à l’OM Campus le 24 juin 2024

Déjà 50 000 vues de nos vidéos santé !

A cela, il convient d’ajouter la production de 35 vidéos éducatives sur des thèmes de santé diffusées via la plateforme Aplim EcoleDirecte, sur YouTube, Instagram et Linkedin qui dépassent les 50 000 vues en quatre mois.

Dans chacune de nos activités, nous restons concentrés sur l’objectif qui est au fondement de la création de M24 : favoriser la pratique de l’activité physique au service de la santé de nos enfants. Le Relais Natation du 23 mai dernier au Cercles des Nageurs en est un exemple éloquent (photo ci-dessous).

Relais Natation au Cercle des Nageurs.

5 nouvelles recrues à la rentrée

A ce jour, 25 écoles, collèges et lycées font partie de M24. Des établissements publics et privés. 5 nouveaux établissements nous rejoindront en septembre dont 3 situés dans les quartiers Nord, un à l’Est et la Cité scolaire internationale Jacques Chirac qui ouvrira ses portes dans deux mois dans le quartier d’Arenc.

A noter également que de nouveaux partenaires nous ont ralliés durant cette 2e saison : Treizième Homme/Olympique de Marseille, Aplim Ecole Directe, le transporteur Sumian, le club d’aviron L’Avi Sourire, le Crédit Agricole Alpes Provence, Riso Reprographie. Et l’une des très belles surprises de l’année, c’est la qualification arrachée de haute lutte pour les Jeux Paralympiques en aviron par notre administrateur Alexis Sanchez. Il va en avoir à raconter à nos élèves !

Journées olympiques au SMUC en avril 2024

C’est le 26 septembre que la présidente de l’association Muriel Pruvot dévoilera le programme de la saison 3, avec une première manifestation sportive le 10 octobre sur les terrains du SMUC : un tournoi de flag rugby pour 600 élèves de primaire et de collège.

La grande conférence au stade Vélodrome le 13 février 2024

Avec Clara, Arthur et Roselène, le sport rend vraiment plus fort !

Réunis par M24, 250 élèves se sont retrouvés au Vélodrome pour parler des vertus du sport qui permet de surmonter les difficultés de la vie. Ils sont repartis gonflés à bloc après avoir entendu des témoignages incroyables de champion(ne)s.

Le célèbre pédopsychiatre Marcel Rufo en a entendu des vertes et des pas mûres en 50 ans de carrière. Il sait tout des raisonnements adolescents. Pourtant, il n’en est toujours pas revenu de la spontanéité généreuse des 250 jeunes Marseillais qu’il avait face à lui mardi dernier, dans les salons de l’Orange-Vélodrome !

Rassemblés par notre association et sa présidente Muriel Pruvot, avec OM Fondation et le soutien de Sodexo, pour discuter du thème « Comment le sport nous rend plus forts », ces collégiens et lycéens sont venus de 8 établissements et des quatre coins de la ville (Capelette, La Viste, Cabucelle, Saint-Giniez, Saint-Mauront, Castellane, Le Camas…). Face à eux, 3 médecins – le Pr Rufo donc, la Pr Brigitte Chabrol et le Dr Hervé Collado – et deux sportives de haut niveau, la championne de France de natation handisport Clara Mattei, et la footballeuse professionnelle de l’OM Roselène Khezami. Ces dernières ont capté toute la lumière.

Le message d’Arthur, triple médaillé d’or paralympique

Et puis il y avait un bonus à ce plateau d’invités : la présence en visio du triple champion paralympique de ski, Arthur Bauchet. Depuis le Japon, le Varois leur a adressé un message émouvant. Victime d’une maladie qui provoque la dégénérescence musculaire, chacune de ses descentes peut se terminer en crise douloureuse qui arrache des cris au slalomeur, avec les jambes qui vibrent de manière incontrôlable et violente, comme les élèves ont pu le constater sur un reportage.

Celle qui l’a soigné à l’hôpital de la Timone, la professeure Brigitte Chabrol, a témoigné de son courage et malheureusement confirmé qu’il n’y aurait pas de rémission. Un jour, peut-être proche, Arthur Bauchet ne pourra plus skier car ses jambes ne le porteront plus. « Déjà aujourd’hui il se déplace souvent en fauteuil. Mais il a un moral et une volonté incroyables et toute l’équipe de l’hôpital est étonnée et admirative de ce qu’il réussit. » Question d’un garçon : « Mais il ne risque pas de se faire très mal s’il tombe ? » Réponse de la médecin : « Pas plus que n’importe qui. Et je ne suis pas inquiète, il a une musculature qu’aucun de vous n’a, sinon il n’y arriverait pas.« 

Clara, amputée des jambes à l’âge de 9 mois

Le décor était planté pour l’intervention de Clara Mattei. La nageuse marseillaise qui s’est présentée en fauteuil roulant a embarqué toute la salle avec elle. Simplement, elle a raconté sa joie de vivre, de nager, de rencontrer d’autres sportifs et elle s’estime chanceuse de participer aux compétitions.

Une vague d’émotion parcourt l’assistance lorsqu’elle raconte qu’elle a dû être amputée des deux jambes au-dessus des genoux à l’âge de 9 mois à cause d’une maladie qui faisait que ses membres n’étaient plus irrigués aux extrémités. Les doigts ont suivi peu après, la paume de la main est partie également. Les avant-bras sont couturés de cicatrices. Les jeunes spectateurs imaginent les souffrances, se demandent combien de fois on l’a opérée. Ils sont stupéfaits. Aucun pathos chez Clara cependant, elle les fait même rire.

Dispensée de sport car handicapée !

« A l’école, j’étais dispensée de sport, lâche-t-elle. Je pouvais aider les profs à porter les ballons, c’est tout, ou à installer les filets de volley mais je n’y arrivais pas, j’étais trop petite. » Clara a été mise sur la touche des terrains de sport durant toute son adolescence à cause de son handicap.

Alors les questions fusent : « Vous n’êtes pas triste ? » Réponse : « Pouquoi serais-je triste ? Je suis heureuse de pouvoir nager. » « Vous avez toujours accepté votre handicap ? » « A l’adolescence je cachais ma main gauche, puis je l’ai acceptée. » Clara confie qu’au lycée, c’était plus facile qu’au collège, question de maturité des élèves peut-être.

La malice de la nageuse

« Vous n’êtes pas désavantagée quand vous nagez contre des personnes qui ont leurs jambes ? » « Ces concurrents ont en effet leurs jambes mais il ne peuvent pas s’en servir pour se propulser car elles ne fonctionnent pas, du coup c’est un avantage de ne pas avoir de jambes, on tourne plus vite au bout du couloir dans la piscine et ça me permet de gagner. Il n’y a pas que des désavantages à n’avoir pas de jambes ! » lance malicieusement la championne de France.

Les questions sont cash, les médecins s’en amusent tout en louant la spontanéité des élèves. « Et si on vous proposait d’avoir des jambes normales ? » « Je dirais non ! Mes jambes sont très bien. Je garde mes petites prothèses et mes petits moignons ! » Applaudissements et éclats de rire dans la salle, grand sourire de Clara. Le public est conquis.

Nouvelle opération pour supporter ses prothèses

Pour ces adolescents, il est alors bien évident que le sport rend plus fort. Car la Marseillaise qui travaille à l’Hôpital Européen leur confie qu’elle s’est mise tardivement à la natation, qui lui a prodigué de grandes joies : déjà 2 titres de championne de France en 2022 et 2023. Elle se projette vers les Jeux Olympiques 2028 à Los Angeles. Car pour Paris 2024, c’est cuit : depuis cinq mois Clara est en rééducation dans un centre spécialisé à Hyères, dans le Var. Clouée sur son fauteuil.

Elle a dû subir une intervention chirurgicale délicate à l’hôpital de la Conception pour réadapter ses moignons à ses prothèses. C’était devenu trop douloureux, elle ne pouvait plus marcher. Le combat n’est pas encore gagné, mais rien n’arrête Clara. « J’espère rentrer chez moi en avril. » Sept mois de galère pour espérer se passer du fauteuil… Sans se départir de sa bonne humeur.

« Votre génération est plus accueillante que les précédentes »

Le pédopsychiatre Marcel Rufo est subjugué par l’échange. « Votre génération est nettement supérieure aux autres dans la relation au handicap. Vous êtes une génération nettement plus sympathique et accueillante que les précédentes ! » Avant d’ajouter un bémol qui s’adresse à la société française toute entière : « Il reste le handicap cognitif difficile à intégrer. Mais il y a toujours des petites victoires d’une ou deux heures, c’est aussi bien que des médailles olympiques. J’ai vu des enfants autistes apprendre à lire à 30 ans.« 

Roselène, exilée à 14 ans

Installée à côté de Clara, voilà une autre sportive que pas grand-chose ne stoppe : c’est Roselène Khezami, 22 ans, footballeuse à l’Olympique de Marseille. Blessée au pied, elle est venue témoigner de son parcours et du sport qui a transfiguré sa vie. Native de la cité phocéenne, elle a dû quitter ses parents à l’âge de 14 ans pour rejoindre un centre de formation. « C’était dur, j’ai quitté ma zone de confort.« 

Elle a déjà fait 3 saisons à Saint-Malo en D2 et une autre à Orléans. « Ce n’était pas évident à 17 ans d’avoir à gérer son appartement, de se faire à manger, de faire ses lessives, et de ne pas voir sa famille restée à 1200 km. » Puis cette confidence en forme de regret : « Je n’ai pas beaucoup d’amies, parce que quand on joue à un haut niveau, on s’entraîne, on ne sort pas, les écarts sont interdits. Tes amies, c’est ton équipe en fait. »

« Hargneuse, moi ? Non, marseillaise ! »

Roselène a pu rejoindre son club de coeur – l’OM – en juillet dernier et revenir habiter chez ses parents. Objectif : la montée en D1 cette saison. Enorme cerise sur le gâteau, l’arrière latérale devrait jouer la Coupe d’Afrique des Nations l’été prochain sous le maillot de l’Algérie.

« J’ai 3 nationalités, explique-t-elle devant les ados ébahis. Je suis algérienne par ma mère, tunisienne par mon père et je suis française. » Question de votre serviteur : « On dit que vous avez un caractère hargneux sur le terrain, c’est vrai ? » Réponse du tac-au-tac : « Je suis marseillaise !« 

« Je vais là où la joie me mène »

On terminera la conférence avec cette question d’une lycéenne adressée à Clara Mattei : « Où trouvez-vous la force de vous battre ? » Clara : « Je ne me bats pas. Je vis comme toi. Je vais là où la joie me mène. » Comme en ce jour de juin dernier où elle vint nager avec 140 enfants réunis par M24 au Cercle des Nageurs de Marseille (photo ci-dessus).

Mardi soir, dans les salons du Vélodrome, avant de reprendre le car pour retourner dans leurs quartiers, la joie était dans les sourires des filles et des garçons venant prendre la pose à côté de Clara et Roselène. Ce 13 février fut un jour merveilleux pour nos 250 élèves, leurs professeurs, les chefs d’établissement et les partenaires de notre association.

Peu avant la conférence, ces derniers avaient d’ailleurs eu l’occasion d’échanger sur les actions de M24 et de se retrouver pour une mémorable photo de famille sur la pelouse du Vélodrome !

Le recteur d’académie alerte sur la santé des jeunes

La présidente de l’association Muriel Pruvot a déroulé devant les soutiens de M24 un programme ambitieux pour 2024 avec de grands rassemblements sportifs inter-établissements en avril, mai, juin et octobre, une réflexion sur l’e-sport et la poursuite de conférences de sensibilisation dans les écoles.

Une initiative saluée notamment par Michèle Rubirola, première adjointe à la mairie de Marseille, Hervé Liberman, président du Comité régional olympique et sportif, et le recteur d’académie en personne, Bernard Beignier. Il a rappelé l’impérieuse nécessité d’encourager les enfants à pratiquer l’activité physique afin d’endiguer la catastrophe sanitaire qui se profile en raison de la sédentarité, du surpoids et du recul effrayant des capacités cardiovasculaires des 11-17 ans qui, accrochés à leurs écrans, sortent beaucoup moins